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MODULE
DE FORMATION ET DE SENSIBILISATION
EN MATIERE CONSTITUTIONNELLE
Table
des matières
(Cliquez
sur l'un des titres suivants)
-
INTRODUCTION
- PREMIERE
PARTIE
- DEUXIEME
PARTIE
- CONCLUSION
DEUXIEME
PARTIE.
CAS DU RWANDA
1.
LES CONSTITUTIONS QU’A CONNUES LE RWANDA JUSQU’AUJOURD’HUI
Les constitutions qu’a
connues le Rwanda jusqu’aujourd’hui sont caractérisées
par le fait qu’elles ont été introduites selon l’opinion
du régime au pouvoir. Elles traduisaient la ligne politique
qui dirigeait le pays. Il est à souligner ici, comme
l’analyse va le montrer, que l’idée de la constitution
a été conçue en premier lieu par le parti PARMEHUTU
qui voulait abolir la monarchie et la remplacer par
la République dirigée par un Président. Cette idée est
exprimée dans ce qu’ils ont appelé « la constitution
du 28 Janvier 1961 ».
En réalité, la première constitution qu’a connue
le Rwanda est celle du 24 novembre 1962, révisée en
1963 et amendé en 1973 dans le but d’augmenter le mandat
du Président de la République. La constitution suivante
est celle du 20 Décembre 1978, remplacée par celle du
10 Juin 1991, complétée en son tour par l’ Accord de
Paix d’Arusha, la Déclaration du FPR et le Protocole
d’Accord entre les forces politiques sur la mise en
place des institutions nationales. Actuellement, le
Rwanda est régi par la Loi Fondamentale constituée par
la constitution du 10 juin 1991, l’Accord de Paix d’Arusha,
la Déclaration du FPR du 17 juillet 1994 ainsi que le
Protocole d’Accord entre les forces politiques sur la
mise en place des institutions nationales du 24 novembre
1994.
Le présent document a pour but d’analyser ces constitutions
sur quatre aspects à savoir :
-
Les préambules ;
-
Les idées principales qu’elles contiennent ;
-
La part de la population dans la formulation des propositions
et l’approbation de ces constitutions ;
-
Les conséquences.
1.
CONSTITUTION
DU 28 JANVIER 1961.
a)
préambule.
Ce qui est remarquable en premier lieu c’est
que cette constitution a été écrite avant l’indépendance
du Rwanda. Comme on le dit presque partout, elle a été
écrite par des leaders du PARMEHUTU qui voulaient prendre
le pouvoir par force en destituant le Roi. Elle a été
mise en place par les membres de l’Assemblée Législative,
les membres du gouvernement, les chefs des communes
et les conseillers communaux élus par la population.
En réalité, cette loi ne devait pas être appelée
constitution car le Rwanda était encore entre les mains
des colonisateurs et suivait leur constitution. Qui
plus est cette constitution a été écrite dans le but
de renverser la monarchie et le Roi KIGELI V.
b) Les idées principales qu’elle contient.
a. La mise en place d’une
République dirigée par un Président ;
b. Accepter d’être sous
l’autorité des colons qui étaient au Rwanda à cette
époque ;
c.
Accepter la séparation
des pouvoirs.
c)
La
part de la population.
Il n’ y a aucune part de la population. Cette loi renferme les idées de
ceux qui voulaient prendre le pouvoir.
Elle a été signée par le Président de l’Assemblée législative, le Président
de la République, le Chef du Gouvernement, le Président
de la Cour Suprême, les Préfets, les Présidents des
partis politiques et l’Avocat Général.
d)
Conséquences.
L’atmosphère qui régnait lors de l’abolition de la monarchie et de toutes
les autres institutions nationales a eu des conséquences
suivantes :
i.
Le parti PARMEHUTU
a monopolisé le pouvoir ;
ii. Persécution et massacres des autorités du
régime monarchique ainsi que
tous ses supposés partisans ;
iii. Poursuite des partisans des partis opposés
au PARMEHUTU
surtout ceux de l’UNAR ;
iv. Exil des Tutsi et des partisans de l’UNAR.
2.
CONSTITUTION
du 24 Novembre 1962
a)
préambule.
L’Etat existait déjà au moment
où cette constitution a été mise en place. Cette constitution
était basée sur deux idées principales :
-
L’indépendance du 1 juillet 1962 et le Référendum du 25 septembre
1961.
-
Elle a insisté sur la décision d’abolir la monarchie et destituer
le roi Kigeli V.
b)
Les
idées principales qu’elle contient.
-
Elle a consolidée le régime républicain ;
-
Elle a mis en place les symboles de la République (drapeau,
hymne national, le sceau de la République…..) ;
-
Elle a introduit des principes des droits de l’homme ;
-
Elle a accepté la collaboration et la séparation des pouvoirs ;
c)
La
part de la population
La part de la population n’apparaît
nulle part
d)
Conséquences.
-
Le monopole du Pouvoir par le MDR PARMEHUTU ;
-
Disparition des autres partis politiques ;
-
Le harcèlement continuel des leaders monarchiques et des partisans
de l’UNAR;
-
L’exil a continué.
3.
CONSTITUTION
DU 20 Décembre 1978.
a)
Préambule.
Elle
était basée sur la Révolution de 1959, sur l’indépendance
de 1962 et la proclamation du coup d’Etat du 5 juillet
1973. L’objectif visé était d’adapter tout ce qui existait
aux principes du MRND, et insérer ces principes dans
la constitution pour que le MRND devienne une institution
politique suprême qui dirige le pays.
b)
Les
idées principales qu’elle contient.
-
Les symboles de la République ;
-
La séparation des pouvoirs ;
-
Les principes des droits de l’homme ;
-
Tout Rwandais devait être membre du MRND et toute activité
politique ne devait se faire qu’au sein du MRND ;
-
La mise en place du Conseil National de Développement ayant
pouvoir législatif ;
-
Suppression de la Cour Suprême.
c)
La
part de la population.
La part de la population
dans sa préparation n’est pas visible, mais elle a passé
par le Référendum du 17 Décembre 1978.
d)
Conséquences.
-
Le racisme et le régionalisme ont été instaurés.
-
La direction et la politique du pays étaient dans les mains
d’une même personne;
-
Les membres du Conseil National de Développement (CND) prêchaient
les principes du parti MRND.
4.
CONSTITUTION
DU 10 JUIN 1991.
a)
Préambule.
Elle était basée sur :
-
La Révolution de 1959 ;
-
Le Référendum du 25 septembre 1961 ;
-
L’indépendance du 1 juillet 1962 ;
-
La révolution morale de 1973.
N.B :
-
Cette constitution a renforcé les principes des constitutions
de 1962 et de 1978 ;
-
Elle a été mise en place lors de la guerre de libération menée
par le FPR Inkotanyi depuis le 1 octobre 1990;
-
Elle a coïncidé avec la libération de ceux qu’on appelait
« des complices du FPR » ainsi que la colère
des personnes fatiguées du pouvoir du MRND ;
-
Elle a coïncidé encore avec le courant du multipartisme en
Afrique.
b)
Les
idées principales qu’elle contient
-
Les symboles de la République
-
La séparation des pouvoirs
-
Les principes des droits de l’homme
-
Acceptation du pluralisme politique.
c)
La
part de la population
Pour la préparation de cette constitution, une
commission a été mise en place et elle s’est inspirée
des propositions de la population. On ne peut pas affirmer
que les propositions de la population ont été données
en toute liberté vu l’insécurité qui régnait dans le
pays. Il semble que la plupart des propositions émanaient
des membres de la commission.
d)
Conséquences.
-
Il y a eu création et activités des partis politiques opposés
au MRND.
-
Suite à la guerre, cette constitution
n’a pas pu résoudre tous les problèmes d’où la nécessité
de la compléter avec l’Accord de paix entre le Gouvernement
Rwandais et le FPR Inkotanyi dans le but de chercher
la paix et de mettre en place des institutions nationales
dirigées par les deux parties.
L’ACCORD DE PAIX D’ARUSHA du 4 Août 1993.
a)
Préambule.
L’Accord
de Paix d’Arusha a été élaboré dans le but d’arrêter
la guerre qui opposait le FPR Inkotanyi et le Gouvernement
Rwandais, et résoudre les problèmes qui avaient provoqué
cette guerre.
b)
Les
idées principales qu’elle contient.
L’Accord de Paix d’Arusha comprend cinq parties.
1. Le protocole d’accord relatif à l’Etat
de droit, portant sur
-
L’unité nationale ;
-
La Démocratie ;
-
Le pluralisme politique ;
-
Les droits de l’homme.
2. Le protocole d’accord relatif au partage
du pouvoir portant sur :
-
Les institutions de l’Etat ;
-
Le Président de la République ;
-
Le Gouvernement à base élargi ;
-
L’Assemblée Nationale de transition ;
-
Des instances judiciaires.
3.
Le Protocole d’accord relatif au rapatriement et à la
Réinstallation des réfugiés ainsi que la réinstallation
des déplacés de guerre.
4.
Le Protocole d’accord relatif à l’intégration des forces
armées des deux parties en conflit
5.
Le Protocole d’accord portant sur les questions diverses
et les dispositions finales :
-
Suppression de la mention ethnique dans la carte d’Identité ;
-
Acceptation de l’insertion des conventions internationales
relatives aux droits de l’homme dans le droit interne.
c.
La
part de la population.
L’Accord de Paix d’Arusha a été élaboré par le FPR Inkotanyi,
le Gouvernement Rwandais et les forces politiques qui
œuvraient dans le pays, y compris le MRND qui
était au pouvoir.
Il n’ y a aucune part
de la population car il a été élaboré à l’extérieur
du pays pendant la guerre et sous la supervision des
autres pays et organismes internationaux.
d.
Conséquences
L’Accord de Paix d’Arusha n’ a pas été respecté
suite :
1°. Au complication du Président
HABYARIMANA et du parti MRND ;
2°. Au génocide et massacres
d’Avril 1994 ;
3°.
A la reprise des hostilités pour arrêter le génocide.
6.
La loi fondamentale
La
loi fondamentale qui régit le Rwanda aujourd’hui est
faite de la Constitution de 1991, l’Accord de Paix d’Arusha
dans toutes ses parties, la Déclaration du FPR Inkotanyi
du 17 Juillet 1994 et le Protocole d’Accord entre les
forces politiques du 24 Novembre 1994.
Tous ces documents n’ ont pas la même force.
Il est prévu qu’en cas de conflit entre l’Accord de
Paix d’Arusha et la Constitution de 1991, c’est l’Accord
de Paix d’Arusha qui prévaut. Si l’Accord de Paix d’Arusha
est en conflit avec la Déclaration du FPR, C’est cette
dernière qui prévaut ; et si la Déclaration du
FPR est en conflit avec le Protocole d’Accord entre
les forces politiques, ces dernières prévalent.
·
LA
DECLARATION DU FPR du 17 juillet 1994
Les idées principales qu’elle contient.
-
Mettre en place des institutions nationales ;
-
Approbation du respect continuel de l’Accord de Paix d’Arusha
à l’exception de quelques dispositions ;
-
Créer le poste de Vice-Président de la République ;
-
Exclure le MRND et les autres partis qui ont commis le génocide
de toute participation aux institutions nationales ;
-
Intégrer l’armée dans les institutions nationales ;
-
Augmenter la durée de la période de
transition ;
-
Accorder au Président de la République le pouvoir de décider
souverainement en cas de désaccord en conseil des Ministres.
·
Protocole
d’Accord entre les forces politiques FPR, MDR, PDC,
PDI, PL, PSD, PSR et UDPR sur la mise en place des institutions
nationales signé le 24 Novembre 1994.
-
Les partis ont fait leur la Déclaration du FPR du 17 juillet
1994.
-
Partage des sièges à l’Assemblée Nationale.
II. LA NOUVELLE CONSTITUTION ET SON
ROLE DANS LA RECHERCHE DES SOLUTIONS AUX PROBLEMES QUI
ONT PROVOQUE LE GENOCIDE ET DANS LE PROCESSUS DE FAIRE
FACE A SES CONSEQUENCES.
Dans
le processus de l’élaboration de la nouvelle constitution,
il s’avère nécessaire de tenir compte du génocide rwandais
dans le but de résoudre une fois pour toutes les problèmes
qui l’ont causé ainsi que ses conséquences. La nouvelle
constitution doit tracer des voies réunifiant la famille
rwandaise en écartant toute idée incitant au génocide.
a)
L’ANALYSE
DE LA GOUVERNANCE DU RWANDA ET SES RELATIONS AVEC LE
GENOCIDE
1.
L’histoire
du Rwanda montre qu’avant l’arrivée des colons, le Rwanda
était un pays unifié, avec un régime stable fondé sur
la monarchie considérant le roi comme signe de l’unité
des Rwandais.
2.
La gouvernance du pays et l’aspect social
des Rwandais en général étaient fondés sur « Ubwiru »,
que l’on peut comparer à la constitution actuellement.
Dès l’arrivée des colons, la famille rwandaise a été
perturbée:
-
Les
pouvoirs du Mwami ont été affaiblis et accaparés par
les colons ;
-
L’unité des Rwandais a été perturbée ;
les Rwandais qui, d’ordinaire savaient qu’ils étaient
un même peuple, ont été informés sur leur différence
ethnique, et cette différence a été mentionnée dans
leurs cartes d’identité ;
-
Les rwandais ont été enseignés qu’ils n’étaient
pas égaux, qu’il y a ceux qui sont nés pour gouverner,
c’est-à-dire des Tutsi (ceci est mentionné dans les
ouvrages de Mgr Classe) ;
-
Le
pouvoir des colons a utilisé les Tutsi pour promouvoir
leurs intérêts ;
-
Cette
approche fût encore transformée par les colons, ils
ont fait comprendre aux Hutu qu’ils ont été dominés
par des Tutsi et qu’ils devaient se venger (idées de
Harroy et Mgr Perraudin). Dès lors, l’esprit de haine
et de racisme a été semé.
Ainsi, au moment où les
autres pays Africains luttaient pour l’indépendance,
les Rwandais étaient dans des révoltes et des troubles
suite à l’esprit divisionniste et surtout raciste semé
par les colons et les partis en opposition. Ces troubles
ont été caractérisées surtout par les massacres de certains
Tutsi et la fuite des autres.
Après l’indépendance, le pouvoir était entre
les mains d’un seul parti
MDR
PARMEHUTU et il était caractérisé par le racisme, puis
le régionalisme. Il a été remplacé par le régime du
MRND qui a renforcé cette politique divisionniste dans
ce qu’il a appelé « l’équilibre ethnique et régionale ».
Toute les fois que ces deux régimes rencontraient des
problèmes, ils supposaient que des Tutsi en étaient
la cause, et on les massacrait.
2. Le fonctionnement des
partis politiques
1959-1961 : Nous allons donner l’exemple des grands
partis nationaux agrées par la loi. Ces partis sont
APPROSOMA, UNAR, RADER, MDR-PARMEHUTU
Lorsque les partis politiques furent
agrées par la loi, vers la fin de 1959, ils ont commencé
à chercher des partisans partout dans le pays et à organiser
des meetings.
Ce qui a été remarqué dans ces partis
est que :
a) L’APROSOMA a combattu
le pouvoir monopolisé par les Tutsi, il disait qu’il
luttait pour la promotion du bas peuple. Il ne s’attachait
pas au racisme quand bien même il était composé de partisans
Hutu ;
b) L’UNAR luttait pour l’indépendance
du Rwanda, il avait une mission d’unifier tous les Rwandais
sans distinction de race, même si la plupart de ses
partisans étaient des Tutsi ;
c)
Le RADER était un parti
créé par des colons ; la plupart de ses partisans
était des agents de l’Etat, surtout des Tutsi, il n’avait
pas de partisans parmi les paysans ordinaires. Il s’est
associé au MDR-PARMEHUTU pour anéantir l’UNAR et abolir
la monarchie, mais le MDR-PARMEHUTU s’est détaché plus
tard quand il s’est senti fort ;
d) Le MDR-PARMEHUTU est
né pour promouvoir des Hutu seulement. Il était soutenu
par l’Eglise catholique et le pouvoir colonial jusque
même à bénéficier de l’autonomie interne depuis 1961
jusqu’à l’indépendance totale de 1962.
1961-1963 : Ces années ont été
caractérisées par le pouvoir raciste du MDR-PARMEHUTU
qui utilisait les autorités locales pour persécuter
des Tutsi de sorte que pas mal d’entre eux ont pris
la poudre d’escampette.
Cette politique fût achevée par l’assassinat
des leaders de l’UNAR et du RADER vers la fin de 1963.
Le MDR-PARMEHUTU a acquis plusieurs
partisans de l’APROSOMA et a ainsi monopolisé le pouvoir.
1963-1973 : Le MDR-PARMEHUTU a
écarté d’autres partis et a monopolisé le pouvoir, mais
par après, il y a eu des divisions au sein du parti.
1973-1991 : le pouvoir était le
monopole du parti unique MRND et ceci a été confirmé
par la Constitution de 1978. Le racisme et le régionalisme
ont continué jusqu’au point de « régionalisme exagéré »
communément appelé « AKAZU ».
1991-1994 :
la Constitution de 1991 a confirmé le pluralisme politique
qui, en réalité, était scindé en deux parties :
les partis alliés au régime dictatorial du MRND et
les partis d’opposition qui, à leur tour, se sont divisés.
C’est
le MRND et les partis alliés qui ont mis en exécution
le génocide de 1994. En général, les Rwandais ont de
mauvais souvenirs des partis politiques, ils les considèrent
comme sources de division.
3. Le fonctionnement de
la société civile
-
Depuis
son arrivée au Rwanda, l’Eglise catholique s’est mêlée
de la politique et des institutions nationales ;
elle a même soutenu les régimes au pouvoir malgré leur
mauvaise gouvernance. Les autres confessions religieuses
se sont mêlées aussi de la politique dès qu’elles ont
eu plusieurs disciples
-
Les
organismes non gouvernementaux n’ont jamais eu beaucoup
de forces et de courage d’exposer des problèmes, et
souvent même leurs membres ont été animés par la recherche
de leurs intérêts politiques
4. La mauvaise gouvernance
La succession des régimes
politiques depuis la période coloniale a été caractérisée
par la mauvaise gouvernance basée sur la dictature,
l’égoïsme, l’impunité, la discrimination, l’injustice
et autres. Cette mauvaise gouvernance est l’une des
causes du génocide.
II.
LE
GENOCIDE ET SES CONSEQUENCES
Le plan du génocide a
été préparé depuis longtemps, mais il a été minutieusement
mis en exécution d’une façon inhumaine depuis Avril
jusqu’en Juillet 1994. Plus d’un million de personnes
ont été massacrées, celles qui ne sont pas mortes sont
devenues des handicapés, des femmes et des filles ont
été violées.
Les conséquences du génocide
sur la famille Rwandaise sont multiples, il y a entre
autres :
- Le traumatisme
- La destruction des infrastructures économiques,
et des institutions nationales et judiciaires.
-
Une pauvreté exagérée (misère)
- Un grand nombre de
veuves, d’orphelins et d’handicapés
- Un grand nombre de
prisonniers et autres
- Des pandémies comme le SIDA et autres
Tout cela doit faire
l’objet de réflexion lors de l’élaboration de la nouvelle
constitution en vue d’y apporter une solution.
III.
DES
SOLUTIONS POSSIBLES
Vu le pas franchi, les
activités suivantes peuvent aider le pays à résoudre
les problèmes causés par le génocide :
1° Une bonne gouvernance
basée surtout sur :
-
Une
gouvernance fondée sur la participation de la population ;
-
Une
gouvernance selon laquelle la population choisit ses
représentants ;
-
Une
gouvernance fondée sur la transparence ;
-
Une
gouvernance où chaque responsable rend compte de ses
réalisations ;
-
Une
gouvernance fondée sur l’état de droit ;
-
Une
gouvernance fondée sur l’égalité des citoyens.
2° La justice qui a comme
mission de :
-
Rendre
justice aux innocents ;
-
Eradiquer
l’impunité ;
-
Réconcilier
et Unifier la famille rwandaise ;
-
Faire
participer la population aux instances judiciaires (surtout
dans des juridictions Gacaca) ;
-
Lutter
contre la corruption.
3° L’unité et la réconciliation
Tout Rwandais devrait comprendre
que l’unité et la réconciliation constituent l’un des
piliers de la vie nationale, familiale et personnelle.
4° La participation de tous
les rwandais à la vie nationale
-
Ne pas écarter une partie des rwandais
dans la vie nationale ;
-
Mettre
en place des mécanismes qui unifient et rassemblent
les forces de tous les rwandais en vue de développer
le pays ;
-
Mettre
en place des mécanismes visant à ce que tout rwandais
se sente fier d’être rwandais partout où il est, et
qu’il cherche toujours à promouvoir l’intérêt du Rwanda.
5° Les partis politiques
-
Les
partis politiques, dans leur façon de faire, devraient
rectifier ou changer de mauvais comportements que leur
attribue la population ;
-
Les
partis doivent montrer leur ligne politique ainsi que
le vrai programme qui montre comment ils vont contribuer
à résoudre les problèmes du pays ;
-
Les
partis doivent éviter de semer l’esprit divisionniste
parmi les Rwandais ;
-
Les
partis doivent accepter que la défaite lors des élections
ne doit pas être une source d’insécurité ou de destruction
du pays ;
-
Les
leaders des partis doivent avoir de bons comportements
afin de servir d’exemples à leurs adhérents et à tous
les Rwandais.
6° Un Etat fondé sur le respect
des droits humains
Toutes les personnes doivent
être égales devant la loi, elles doivent avoir les mêmes
avantages, jouir d’une liberté totale et personne ne
doit pas être maltraité
|