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DEUXIEME CONFERENCE-DEBAT SUR LE FONCTIONNEMENT DES PARTIS POLITIQUES ET LE COMPORTEMENT DE LEURS LEADERS APRES LA PERIODE DE TRANSITION

(Le 23 Juin 2002)

La Commission Juridique et Constitutionnelle a pour la deuxième fois organisé une conférence-débat sur le fonctionnement des partis politiques et le comportement de leurs leaders après la période de transition. Cette conférence s'est tenue au Centre Culturel de Gitarama sous la présidence du Secrétaire Exécutif de la Commission, Dr.MUTSINZI Jean . Y participaient huit formations politiques agréées au Rwanda à savoir le FPR Inkotanyi, le MDR, le PSD, le PL, le PDC, le PDI, l'UDPR et le PSR.

Dans son mot d'ouverture, le Préfet de la Province de Gitarama, Monsieur NSENGIYUMVA Fulgence a dit que la tenue d'une telle conférence en province de Gitarama montre que le Gouvernement continue à mettre en pratique sa politique de décentralisation ; il a, en outre, promis à la Commission que la population de Gitarama ne ménagera aucun effort pour aider la Commission à remplir sa mission en donnant notamment des idées devant servir à l'élaboration de la Constitution.

Parlant au nom de la Commission, le Secrétaire Exécutif de la Commission, Dr. Jean MUTSINZI a précisé que la contribution des partis politiques dans la gouvernance du pays est importante, tout en soulignant qu'elle peut être positive ou négative comme il a souvent été constaté de part l'histoire de notre pays. Partant des idées exprimées lors des réunions de consultation tenues par la Commission avec les différentes couches de la population, il a fait remarquer que celle-ci a des réticences dues au mauvais comportement qui a caractérisé les partis politiques dans le passé.

Avant que le Secrétaire Exécutif ne passe la parole aux représentants de différentes formations politiques, la Radio Rwanda a difusé quelques voix de la population exprimant ses inquiétudes sur les partis politiques.

Au cours de cette conférence radiodifusée, les représentants des formations politiques agréées dans le pays ont reconnu que les inquiétudes de la population ont un certain fondement, lequel ne devrait cependant pas être à l'origine du refus catégorique de l'existence du multipartisme, surtout qu'en échange on ne propose aucun autre système démocratique lié à l'alternance politique. Les représentants des formations politiques ont encore une fois montré que le pluralisme politique n'est pas mauvais en soi, mais qu'il est exploité par les leaders des partis qui visent avant tout leurs propres intérêts. Cependant, certains partis politiques ont soutenu le FPR Inkotanyi dans la lutte contre le régime dictatorial qui a préparé et exécuté le génocide ayant entraîné la mort d'un million d'innocents. Par ailleurs, les partis politiques ayant participé à la formation du Gouvernement d'Union Nationale se sont donné un long programme de reconstruction du pays centré surtout sur le rétablissement de la paix sociale et de la sécurité nationale, et la consolidation de l'unité nationale par l'éradication de la culture d'impunité, la réconciliation,etc.

Les représentants des formations politiques agréées au Rwanda s'accordent à dire que depuis la mise en place du Gouvernement d'Union Nationale, les partis ont fonctionné de commun accord au sein du forum des partis politiques dans l'optique de la transparence, afin d'éviter tout soupçon entre eux, de construire un même pays dans la fraternité et la confiance mutuelle, et cela ne porte aucune atteinte à l'indépendance des partis d'une manière ou d'une autre.

La population a également eu l'opportunité de poser des questions et de donner des suggestions. Partant des explications données par les représentants des formations politiques agréées dans le pays, elle a souhaité qu'avant qu'il ne soit accordé aux partis l'autorisation d'opérer sur tous les niveaux du pays, on garantisse d'abord à la population que les partis rassemblés au sein du Gouvernement d'Union Nationale diffèrent de loin de ceux d'avant le génocide et dans l'idéologie et dans le comportement.

Les représentants des formations politiques ont assuré à la population qu'ils ne seront jamais en conflit entre eux et qu'ils continueront à oeuvrer de concert, comme il en est actuellement le cas, pour ne pas troubler la tranquillité de la société rwandaise, insistant notamment sur la nécéssité de l'existence d'une loi régissant le fonctionnement des partis politiques et le comportement des politiciens, et que des sanctions exemplaires puissent être envisagées à l'encontre d'un parti ou d'un politicien qui peut adopter un comportement hors la loi.

Pour clore les débats, les représentants des formations politiques agréées au Rwanda ont encore remercié la Commission qui continue à leur offrir l'opportunité de répondre aux inquiétudes de la population sur le fonctionnement des partis politiques pour que le pays ne puisse plus retomber dans une situation catastrophique. Ils ont en outre promis de continuer à soutenir les activités de la Commission surtout par l'expression des idées afin que la prochaine Constitution soit durable et favorable à tout rwandais.