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ACTUALITE
DE LA COMMISSION
DERNIERES
NOUVELLES
MEME
LES AUTOCHTONES ONT EXPRIME
LEURS OPINIONS SUR LA CONSTITUTION.
Dimanche
19 mai 2002 la délégation de la Commission
Juridique et Constitutionnelle dirigée par son
Président, Monsieur Tito RUTAREMARA, a tenu une
réunion de consultation avec les représentants
de l'Association des Batwa, CAURWA, au Centre de Pastorale
Saint Paul à KIGALI.
Dans
un document de 4 pages présenté au Président
de la Commission, les représentants de CAURWA
ont exprimé leur indignation fondée sur
le fait que depuis l'indépendance du Rwanda en
1962, et même peu avant en 1959, les Batwa se
sont continuellement heurtés à des problèmes
résultant de la mésentente entre les Hutu
et les Tutsi. Une partie des Batwa a quitté le
pays avec les Tutsi pour se réfugier à
l'extérieur, tandis qu'une autre partie restée
au Rwanda a été asservie par le pouvoir
en place avec beaucoup de reproches comme quoi ils devaient
suivre leurs maîtres, les tutsis.
Le
document continue en relatant l'injustice dont a été
objet le Mutwa surtout en ce qui concerne l'accès
aux études et aux parcelles qui étaient
distribuées et dont il n'a rien reçu,
ce qui l'a obligé à se déplacer
constamment, habitant aux alentours des Bahutu, tirant
sa subsistance de la quémende et des travaux
pénibles. Conséquemment, aucun Mutwa n'a
été consulté lors de la mise en
place des institutions de l'Etat.
Ainsi,
ils rendent hommage au Gouvernement d'Union Nationale
en général et à la Commission Juridique
et Constitutionnelle en particulier, car elle a daigné
prendre en considération la communauté
des Batwa dans le processus visant à recueillir
les idées et les propositions sur la Constitution
contrairement aux préjugés des années
passées selon lesquels le Mutwa ne pouvait pas
donner une pensée constructive sur la gouvernance
du Rwanda.
Le
document explique aussi qu'avant le génocide
de 1994, le nombre des Batwa était estimé
à 30.000 tandis qu' aujourd'hui il n'atteint
que 20.000 et dont les conditions de vie restent précaires.
Concernant
le thème de la politique et des pouvoirs, les
Batwa ont exprimé le souhait qu'il y ait des
stratégies urgentes de les intégrer dans
les organes de l'administration de l'Etat et de la politique
parce qu'il a été constaté qu'ils
en ont été exclus.
S'agissant
des partis politiques, les Batwa souhaitent que le pays
soit dirigé par un Comité Collégial
composé par les tois ethnies(TWA, TUSTI, HUTU)
parce qu'il a été remarqué que
les partis politiques ont été à
l'origine des conflits, de l'exclusion et des massacres.
La Constitution devrait reconnaître et insister
sur la représentation des Batwa dans les organes
de prise des décisions au même titre que
la jeunesse, les femmes et les hommes.
Parlant
des Affaires sociales, les Batwa demandent que dans
la préparation du budget national il y ait une
rubrique destinée à les intégrer
dans la vie normale à cause de leurs problèmes
particuliers en rapport avec le développement
de la société rwandaise. Ils souhaitent
par aileurs qu'il y ait un comité consultatif
ayant pour rôle la protection des principes fondamentaux
de la culture rwandaise.
Aussi, les Batwa devraient être pris en considération
dans l'octroi des aides destinées aux personnes
défavorisées.
Concernant
l'Economie, il a été en général
souhaité qu'il y ait un organe indépendant,
compétent et neutre qui devra examiner tous les
problèmes y relatifs.
Pour ce qui est des Droits de l'homme, les Batwa demandent
à l'Etat de :
a.
Ratifier la Convention n°169 OIT relative "
aux populations autochtones " dans les pays indépendants.
b. Mettre sur pied un projet de déclaration des
droits des peuples indigènes ;
c. Appliquer et faire le suivi des lois visant la protection
des droits des Batwa ;
d. Augmenter la capacité des Batwa et pourvoir
à leur représentation
e. Accélérer les procès des Batwa
en détention pour cause de génocide.
Les
Batwa souhaitent également qu'il y ait une loi
qui protège les minorités autochtones,
que ça soit en temps de paix ou de conflits armés
entre les autres ethnies.
Il
est demandé à l'Etat d'appliquer les conventions
internationales sur les droits de l'homme que le Rwanda
a signées, sans négliger les droits des
minorités autochtones.
Les Batwa sont convaincus que le pays ne doit pas être
dirigé par un groupe de gens provenant des partis
politiques, ni par les ethnies, mais plutôt il
doit être instauré un Comité Collégial
, tout en tenant en considération que la participation
des Batwa est nécessaire dans la réconciliation
des Bahutu et des Batutsi pour atteindre la vraie unité.
Les
Batwa demandent enfin à l'Etat de veiller à
ce que les décisions prises ne soient pas réduites
à de simples feuilles de papier comme il a été
le cas au cours des régimes qui se sont succédés.
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